Côté face : les coulisses (bien involontaires) de l’évènement

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FICTION :
Création de l'imagination ; ce qui est du domaine de l'imaginaire, de l'irréel (https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fiction/33587/locution).

 

Mardi 4 décembre 2018, 14h00.

Quelques valeureux Liégeois s’étaient donné rendez-vous pour entamer un long périple vers la Suisse. Désireux de participer au 33ème Congrès de la CIB à Lausanne, nos héros étaient convenus d’un covoiturage.

Le voyage s’annonçait sous les plus beaux hospices puisque l’ensemble des bagages avait pu être chargé sans trop de difficultés et, presque ( ! ), sans jurons.

jurons

Nos héros pouvaient heureusement se prévaloir de longues heures de pratique du jeu TETRIS.

voiture_tetris

 

(pour les plus distraits : TETRIS était ce jeu de rangement particulièrement addictif, connu pour sa petite mélodie obsédante.)

Quelques heures de route plus tard, nos valeureux Liégeois durent – pour la première fois - faire face à l’imprévu.

gilet jaune

 

Un événement inopiné prenant la forme sournoise d’un accident sur l’autoroute et de dizaine de gilets jaunes campant sur l’itinéraire de déviation…

N’écoutant que leur patience et leur courage, nos héros décidèrent … de manger.

Manger, oui. Mais pas n’importe où.

En fiers opposant à la pratique de la pleine conscience, nos valeureux héros s’en remirent au choix de l’établissement le plus proche proposé par leur GPS.
Pour ne pas manger n’importe où, nos héros ne mangèrent pas n’importe où !

Un somptueux, fastueux, établissement italien garni de pères noëls en plastique transparent, de petits anges dorés à paillettes et de couronnes de fausses bougies clignotantes les accueillit.

Dans ce charmant endroit, le terme « nature morte » prit pour la première fois tout son sens, les cadres accrochés au mur consistant en quelques vieilles compositions végétales qui n’avaient manifestement plus vu la couleur du soleil ou de l’eau depuis quelques décades.

Passé leur première impression (et après avoir digéré la seconde), nos valeureux héros purent enfin se rassasier et reprendre leur route.

Qui veut aller loin ménage sa monture.

Heureux de pouvoir enfourcher de nouveau leur fier destrier et libérés de tout ralentissement, nos héros étaient comblés…. Jusqu’au moment fatidique où un flash rouge éclaira leur passage.

eclair

Aie…

Il était donc écrit que cette journée devait faire mal aux yeux.

 

Mardi 4 décembre 2018, 23h45.

Nos quelques valeureux liégeois parvinrent finalement à leur hôtel.

Délestés de quelques centaines d’euros, ils n’en profitèrent pas moins de la légendaire hospitalité suisse (pour rappel, « fiction : création de …. »), hospitalité trouvant son paroxysme dans un carré de chocolat industriel placé sur chaque oreiller.

Miam !

 

Mercredi 5 décembre 2018 – vendredi 7 décembre 2018

L’organisation du 33eme congrès de la CIB avait tenu ses promesses.

Nos valeureux Liégeois n’avaient qu’à profiter de l’événement, des orateurs et des multiples contacts proposés… Si seulement !

Désireux d’arpenter la ville de Lausanne et de faire connaissance avec ses habitants, nos valeureux Liégeois n’hésitèrent pas à prendre tous les risques. Sacrifiant volontiers leurs habitudes, ils s’aventurèrent au « Brussel’s café ».

Merveilleux endroit où le portrait de feu le Roi Baudouin côtoie d’anciens fers à repasser, prêts à être plongés dans l’âtre. Endroit merveilleux où les Orval côtoient beaucoup (beaucoup) de fûts de la brasserie Dubuisson. Endroit merveilleux où Jeanneken Pis côtoie Manneken Pis.

Endroit merveilleux où l’on ne côtoie plus grand-chose après deux heures du matin, soit le moment où nos héros se firent mettre dehors sous le vague prétexte d’un couvre-feu.

Selon l’expression consacrée ? « Ici, on ne rigole pas avec la ponctualité ! »

Tenant à rendre à l’hospitalité suisse ses lettres de noblesse, le gérant offrit tout de même à nos héros de charmants gobelets en plastique … pour qu’ils aillent se faire boire ailleurs !

gobelet

 

Ce cadeau fut fort apprécié puisqu’au regard du coût de la vie sur place, chaque gobelet devait facilement représenter 10 francs suisses …

Loin de se laisser abattre, quelques pas de danse plus tard, nos héros décidèrent de reconduire à son hôtel un magistrat qui avait manifestement reçu plus que son compte de gobelets en plastique.

Peut-être auraient-ils dû se méfier après que leur GPS les eut envoyés fréquenter les anges du paradis ?

Par souci de facilité ou par pure fainéantise, ils choisirent cependant de lui faire confiance de nouveau.
Grave erreur !

Alors qu’ils erraient dans la banlieue lausannoise, nos joyeux compères firent, en effet, face à un nouveau type de lumière rouge. Celle d’un gyrophare de police.

Aie…

La réputation belge n’étant pas surfaite, l’hospitalité suisse prit alors une toute nouvelle forme lorsque nos héros se virent raccompagnés par un gendarme jusqu’à l’hôtel de police le plus proche. Celui-ci tiqua à peine lorsque son voisin glissa lentement vers son épaule à l’occasion d’un tournant :

« Ça va, Monsieur ?
GMMRMGKOOJGBJGFFFFUUFFFF ».

Peut-être aurons-nous un jour la chance de replacer cette expression au prétoire…

 

De nouveau délestés de quelques centaines d’euros, nos valeureux Liégeois parvinrent à leur hôtel… Sans leur voiture cette fois !

Fort heureusement, ils purent la récupérer dès le lendemain matin.

Fringants comme s’ils étaient rentrés à 6h00 du soir et non 6h00 du matin, nos héros s’apprêtaient à se rendre au colloque lorsque, le destin s’acharnant, leur voiture resta bloquée devant l’ascenseur du parking.

Un ascenseur à voiture, c’est bien.

Une porte secondaire prévue à toutes fins utiles, cela aurait pu être bien aussi !

Hélas, rien n’y fit : nos valeureux héros étaient destinés à être privés de leur liberté de mouvement.

menottes

Les autres occupants de l’hôtel n’étant pas soumis aux mêmes aléas, ils se virent gracieusement offrir la possibilité d’entrer visiter la chambre d’un de nos héros lorsque sa serrure électronique décida subrepticement de cesser de fonctionner.

Rien de dramatique puisque le changement de chambre consécutif lui permit de bénéficier de deux carrés de chocolats supplémentaires !

Miam !

Evidemment, l’histoire ne dit pas ce qui se serait passé si la porte s’était ouverte pendant que notre valeureux Liégeois profitait d’une douche bien méritée dans la salle de bain directement adjacente à la porte d’entrée…

Surprise !

douche

 

Vous ais-je parlé de l’hospitalité suisse ?
Elle n’est rien à côté de l’accueil belge !

 

Samedi 8 décembre 2018, 10h00.

Devant l’inextricable hasard qui semblait s’acharner sur eux, nos héros s’attendaient légitimement à tomber en panne d’essence sur le chemin du retour, à être pris dans les émeutes annoncées par certains gilets jaunes, voire à devoir affronter une troupe d’antilopes.

Finalement, rien de tout cela n’eut lieu.

Après avoir dû faire face au refus de l’hôtel de délivrer une facture (malchance oblige : il eût fallu s’adresser au site internet, qui refusait pourtant lui-même d’intervenir car installé dans un pays soumis au régime de Common Law), nos valeureux Liégeois eurent le plaisir de visiter un musée consacré à Charlie Chaplin sans rencontrer d’incident majeur.

Facétieux, le destin leur réservait encore deux événements typiquement belges : un rideau de pluie aveuglant assorti de bourrasques de vent… Ainsi que la chute du gouvernement !

rtl

 

***

Est-il besoin de préciser que tant de malchance ne peut s’expliquer que par le fait que ce texte soit une fiction. Les aventures prêtées aux personnages et ces personnages eux-mêmes sont en partie réels, en partie imaginaires. Les faits évoqués ne sauraient donc être attribués à des personnes et des événements existant ou ayant existé, ni témoigner d’une réalité ou d’un jugement.

Rendez-vous en 2019 pour la suite des aventures de nos valeureux Liégeois… au TCHAD !

 

Elisabeth Kiehl
Elisabeth Kiehl