Mot du Bâtonnier

Bâtonnier

 width=2 Septembre 2013, le premier jour ensoleillé d’un bâtonnat, une grève au BAJ, une mercuriale, la visite inopinée d’une Ministre de la justice et d’un vice-Premier : un départ en fanfare, que demander de plus !

Cette semaine de grève totale a été entendue par les politiques mais surtout écoutée par les médias.

Le citoyen ne doute plus de la justesse de notre combat pour que l’accès à la justice soit garanti à tous.

La crise du BAJ est un tonneau des Danaïdes, un tonneau d’incertitudes et de doutes sur l’avenir, rempli par l’assourdissant silence des politiques, qui résonne comme un écho sans fin dans un tonneau sans fond.

Se profile à l’horizon l’échéance des élections de mai 2014 qui pourra signifier, peut-être, une meilleure écoute pendant la période électorale des revendications des acteurs de la justice.

Après, ne soyons pas naïfs, on verra…

Pendant cette semaine, je me suis réjoui des gestes de solidarité que la magistrature a portés à l’égard de notre mouvement.

Au barreau d’être attentif et d’être mobilisé pour défendre également leurs justes revendications qui sont légitimes.

On ne peut indéfiniment demander aux magistrats d’être les managers de la pénurie de la justice en hommes et en moyens, pendant que le politique se défausse de ses responsabilités, et en soi, c’est inacceptable.

Un bonheur arrivant rarement seul, la TVA nous est annoncée au 1er janvier 2014.

Là aussi, je me félicite de la solidarité de notre barreau qui, avec Avocats.be, mobilisent leurs énergies et leurs expériences pour franchir l’obstacle, sans trop de dommages.

Un premier rendez-vous est prévu le 25 novembre, et ensuite les formations vont s’accélérer à l’initiative de la cellule TVA de notre barreau, dont le dévouement et l’implication forcent l’admiration.

La solidarité, c’est aussi une ouverture vers les autres.

Ce 6 octobre, nous avons accueilli Antoinette Chahine à l’occasion de la journée mondiale contre la peine de mort.

Nous avons écouté ce témoignage poignant au bord des larmes de cette victime de la torture, du crime d’innocence, condamnée à mort au Liban et libérée d’un destin tragique par une mobilisation internationale.

Antoinette Chahine avait besoin de notre solidarité, de notre fraternité pour tenir debout et poursuivre son combat.

Je veux croire qu’à Liège, elle a reçu l’accueil qu’elle mérite.

C’est l’esprit de solidarité, cette ouverture aux autres, c’est aussi l’ouverture à tous les autres barreaux, qui sont chez nous chez eux.

Maître Francois Dessy, du barreau de Huy, donne à lire dans ce numéro la dernière interview de Jacques Verges, cet avocat qui a mis en scène son côté obscur, méphistophélique ou opportuniste, et que nous avions reçu à Liège voici quelques années.

La solidarité, c’est aussi le thème des travaux du conseil de l’Ordre, où nous débattons de la meilleure façon de venir en assistance et en aide aux confrères en difficulté.

C’est à l’occasion d’un tel débat que le mot confraternité prend tout son sens.

La confraternité ce n’est pas seulement que le petit bruit, parfois irritant, de la poésie de la concurrence, c’est aussi en se tournant vers l’autre, nous rendre meilleur, un mieux professionnel, un mieux d’humanité, et un mieux de courtoisie dans les relations professionnelles, pour un meilleur service aux justiciables.

Le Bâtonnier de l’Ordre,

André RENETTE

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